[REPLAY FRANCE INTER] SAMEDI 24 JANVIER Marylise Léon était l'invitée de l'émission "On n'arrête pas l'éco" en direct sur France Inter à partir de 9h10
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Ce samedi, focus sur l'avenir du travail. Entretien avec Marylise Léon, reportage sur l'impact de l'IA et détour par Pékin où les robots humanoïdes gagnent du terrain... Mais d'abord, retour en débat sur une semaine tendue. Face à Trump, quelles cartes économiques les Européens peuvent-ils abattre ?
"Supposons, chiffres pris au hasard, qu'il y ait 100000 bureaux occupés par 100000 entreprises commerciales. Instituons, par roulements, le travail de nuit. Voilà 50000 bureaux libres de se transformer en logements ! On m'accordera que tout cela est facile et peu coûteux. C'est sans doute la raison pour laquelle il y a gros à parier que le gouvernement refusera de prendre à son compte ces suggestions, purement amicales, et qui sont du devoir de tout bon citoyen."
Ainsi parlait Boris Vian, en octobre 1954, sur la Radiodiffusion-Télévision Française, l’ancêtre de l’ORTF. Il y propose, avec son ironie habituelle, une solution à la crise du logement de l’après-guerre. Le sujet, c’est la reconstruction. Soixante-dix ans plus tard, la crise est différente mais toujours là. Logements trop chers, loyers qui flambent… Se loger est devenu un problème du quotidien, en France comme partout en Europe.
Le gouvernement a donc dévoilé hier de nouvelles mesures. Changement de doctrine : de l’argent pour le logement social et le feu vert à un nouveau dispositif fiscal après le Pinel. Sébastien Lecornu affiche un objectif très ambitieux : 400 000 logements par an d’ici 2030.
Le sujet de fond, c'est encore la construction. Augmenter l’offre face à une demande qui explose — à cause des séparations plus fréquentes, de l'augmentation du nombre de logements vacants et de résidences secondaires, de la concentration dans les grandes villes et sur le littoral...
Mais est-ce que ça peut suffire à lever l'obstacle du prix? Le logement est le premier poste de dépense des Français, et plus on est modeste, plus il pèse lourd. Accéder à la propriété est devenu bien plus compliqué qu’il y a 25 ans : là où l’on s’endettait sur 15 ans, il faut désormais signer pour 25. Les plus de 50 ans et les ménages aisés tiennent le choc, mais pour les classes moyennes, le rêve de propriété s’éloigne.
Depuis deux ans, la remontée des taux a tout grippé. Et selon Crédit Logement, en 2026 et 2027, les crédits immobiliers devraient encore coûter plus cher. Mais avant cela : comment expliquer que dix ans de taux très bas, à partir des années 2010, n’aient pas permis de mettre plus de logements sur le marché, mais aient surtout fait exploser les prix ? Il nous reste cette énigme.